Rando Mushers
30 Janvier au 1er février 2004
Montaimont - Saint François Longchamp - Montgellafrey
(les vidéos)
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Après de 10 heures de route et de la neige tout
le long du parcours d'Auxerre à la Chambre, on arrive à Saint-François
non sans avoir été obligé de chaîner le Doblo avec
la remorque. Le C25 a reçu à monter sans chaîner avec les
pneus neige flambant neufs. Pour une fois ou je ne suis pas obligé de
chaîner le premier.

Après avoir sorti les chiens, on arrive juste pour la conférence
de François Beiger sur son expédition au Groenland. Heureusement
des âmes charitables nous ont garder une part de tartiflète.
Après un rapide musher meeting, on rejoint le parking P6 et nos tentes
(ou camion pour ceux qui vont passer une dernière nuit au chaud
) pour se coucher car demain commence l'Aventure.
Vendredi
A 7 h, réveiller par les chiens, on range le matériel dans les
voitures pour rejoindre Montaimont. Pendant que les moteurs chauffent, un dernier
café et en voiture. En convoi, on descend puis remontons à Montaimont.
La neige est tombée pendant la nuit et JeanMi Bab, qui est devant moi,
arrive in-extremis à passer les sommets des côtés et j'ai
peur qu'il me bloque au milieu de la côte et que je sois obligé
de chaîner. 
Finalement on arrive à Montaimont et JeanMi Bab cale dans la côte
à 10 mètre du parking
. Heureusement
un 4x4 me suit avec 3 gaillards qui me pousse et c'est reparti.
Pendant que les papys de Montaimont nous abreuvent de vin chaud pour les mushers
et de chocolat chaud pour les enfants qui viennent d'arriver, on prépare
les traîneaux. Comme, il n'y a que quatre enfants et sept attelages, je
propose que trois attelages partent à vide : Laurent qui a quatre malas
et un husky, Christophe qui a dans son attelage des chiens ayant de la bouteille
et moi qui bien qu'ayant huit chiens, avec Mina qui travaille quand elle a envie
et Hugo qui va sur ses 11 ans, préfère les ménager. Finalement
Mina et Hugo vont travailler honorablement et Laurent va prendre un enfant car
une fille qui devait venir que le samedi est arrivé juste à temps
pour partir avec Laurent.
On part mais au bout de 100 m, on quitte la piste pour suivre une piste de moto-neige
et derrière ça suit pas. JeanMi Bab, Arnaud suivi de Christophe
continuent tout droit. Nos hurlements perturbent la tranquillité de la
montagne mais ils entendent rien. Finalement, je fais demi-tour, pour récupérer
les trois attelages.
François, Jean Christophe et Laurent qui sont partis un peu plus tard
partent tout droit sur les traces des trois premiers attelages en direction
de Saint François. Ça promet si ça commence comme ça
dès le départ.
Ne les voyant pas arriver, le pisteur part à leur recherche en motoneige
tandis qu'on continue vers le Col de Chaussy. Après une super rando ou
les chiens avancent bien, on arrive au col (ou plutôt le plateau car on
est sur une grande combe). Ne voyant pas arriver les trois autres attelages
et voyant l'heure du repas s'avancer , on redescend.
Au bout de 500 m, mes chiens accélèrent et dans le tournant, je
tombe nez à nez avec François suivi de Jean Christophe et de Laurent
qui montent au col. On se croise et on redescend ensemble vers Montaimont. Les
chiens ont la pêche et la descente du col se fait au taquet mais on arrive
quand même en retard pour manger.
Au resto, une assiette de charcuterie du pays, des diots
et un dessert local nous font louper l'heure de redémarrer.
Lorsque on les sort des caisses, les chiens comprennent pas trop que l'on repart
et pendant une heure, ça traîne.
La montée vers l'entrée du domaine skiable de Saint François
est splendide. On arrive à la Chapelle avec le coucher de soleil. Je
leur raconte le super bivouac que l'on avait fait la première année
et la soirée mémorable avec les papys de Montaimont.
Les chiens de Jean Mi Bab ont vraiment la pêche et
je lui propose de partir devant et de m'attendre à l'entrée du
domaine.
Arrivé à la nuit noire, à l'entrée du domaine, on
se rassemble tous et on attaque la côte pour accéder au télésiège
(enfin le mur car on doit planter les chaussures dans la neige pour aider les
chiens à hisser le traîneau).
Au sommet, je retrouve Christophe et Arnaud qui m'attendent pour redescendre
sur Montaimont, mais dans le noir, pas de piste visible. Pas de Jean Mi Bab
non plus, il a vu la lumière d'une dameuse et il a continué à
monter vers les sommets. Finalement, on trouve une piste qui descend tout chusss
vers la station mais une ombre permet de voir la route de liaison qui nous permettra
de rejoindre la station.
Je m'engage le premier dans la piste de ski et grâce à Mayouk aidé
de Ken, j'arrive à faire tourner à angle droit l'attelage pour
prendre la piste de liaison. Arnaud et Christophe me rejoignent avec plus ou
moins de bonheur mais craignant qu'un attelage descend tout droit, je laisse
mon attelage à Arnaud et je vais me poster sur la piste de ski. François
nous rejoint suivi de Jean Christophe. Au moment ou je ramène ses chiens
de tête parti dans la poudreuse et tandis qu'il évite un pylône
du télésiège, il me demande si j'ai envisagé d'aller
voir un médecin.
C'est vrai que cela brasse un peu plus que prévu mais personne est blessé
??
Finalement, Jean Mi Bab nous rejoint en même temps que Laurent. Inquiet
que personne le suive et voyant des lucioles s'exciter en dessous de lui, il
a fait demi tour et est tombé nez à nez avec Laurent au moment
ou celui-ci s'engageait dans la piste de ski.
Ensuite on descend tranquillement vers la station. On traverse quelque piste
de ski mais avec la nuit, on voit pas le dévers et ça passe les
doigts dans le nez (enfin pas trop car faut quand même tenir le traîneau).
Je vérifie régulièrement le nombre d'attelage mais comme
on voit pas trop mal avec la lune, tout le monde n'allume pas sa lampe frontale
et plus d'une fois, je crois avoir perdu un attelage.
La descente se poursuit jusqu'à Saint François sans trop de souci
à part de temps en temps un juron dans un tournant loupé. JeanMi
Bab propose de piquer tout droit sur la station avec une des pistes mais la
possibilité de rencontrer une dameuse en face lui fait changer d'avis.
Arrivé à la station, on doit tourner à 150 ° devant
un immeuble pour rejoindre le P6 ou on bivouaque. Deux jeunes sont là
pour nous aider. Mayouk croyant qu'on va le caresser fonce droit sur les jeunes
et c'est l'emmelage. Le temps de remettre l'attelage en ordre et je rejoins
les autres. Arrivé au sommet du P6, surprise, la station l'a fait déneigé
pour le week end.
.
Finalement on arrive à mettre toutes les stakes dans les talus ou les
paquets de neige et on monte les tentes sur le bitume. On s'en sort pas trop
mal sauf Arnaud qui peut pas planter ses sardines pour monter sa canadienne.
Il trouvera refuge dans la tente 3 places de Laurent. On regrette quand même
de ne pas avoir bivouaquer à la Chapelle.
Les chiens installés, le bivouac monté, on va manger dans l'office
de tourisme.
Je commence à me détendre : Le parcours de ce soir était
pas très dur mais de nuit et avec ces traversés de pistes qui
descendent droit sur la station, il suffit qu'un attelage s'engage dans une
piste. Les traîneaux n'ont peut être pas des freins suffisamment
puissants pour arrêter un attelage de 8 chiens dans une pente raide. Laurent
a bien sélectionner les attelages mais je les connais pas sur neige et
étant le seul à connaître le parcours, mes chiens de tête
n'avaient pas le droit à l'erreur.
Intrigué par cette histoire de médecin, je vais voir Jean Christophe
pour lui demander ce qu'il voulait dire. Il parlait de psy. Avec Laurent, on
rigole.
Xavier et François BEIGER sont aussi plus détendus car ils étaient
inquiets. On devait rentrer sur le domaine à 17 h et on est rentré
vers 18 h 00-18 h 30. De plus, ils n'ont jamais vu sept lampes frontales mais
au maximum 5. Ils croyaient que deux attelages avaient disparu. C'est comme
ça qu'on fait des souvenirs.
Samedi
Réveiller par les chiens, on prend tranquillement notre petit déjeuner
tandis que les enfants arrivent.
Chaque attelage se prépare et on démarre un par un aidé
par les animateurs et les mushers présents. Le froid de la nuit a durci
la neige et on peut atteler à l'ancre. Ma nouvelle ancre fait des merveilles.
On repartit les enfants dans les attelages selon leur poids et la puissance
de l'attelage. Arnaud hérite d'un journaliste et Jean Christophe part
en dernier en ramassant les stakes de tout le monde pour les monter au Col de
la Madeleine pour l'arrêt de midi.
Seul représentant des deux précédentes éditions,
je suis de nouveau en tête. Christophe, soit disant, ne se souvient plus
du parcours de l'année dernière. On monte tranquillement avec
de nombreux arrêts pour attendre les autres attelages mais c'est pas du
goût des chiens qui veulent y aller. Finalement on fait une grande pause
à mi-chemin avant d'attaquer les derniers tournants.
Les chiens de Laurent ont travaillé très dur hier avec le détour
et ils ont un peu de mal à suivre le rythme imposé par les huskies.
De plus, il est parti l'avant dernier devant Jean Christophe.
Je propose à Jean mi Bab de passer devant, un peu inquiet qu'il passe
le col de la Madeleine sans s'en rendre compte et qu'on doive aller le chercher
à Valmorel. Mais ses chiens ont une pêche d'enfer et ces arrêts
trop fréquents cassent leur rythme.
Arrivé au Col, on installe les stakes en les fixant sur tous les points
d'amarrage possibles : pylônes, dameuse... et on va à la terrasse
du restaurant ou nous attendent des crozets (plat local). Avec le petit vent
et malgré le soleil qui nous quitte pas depuis jeudi, il fait un peu
froid et les enfants vont manger à l'intérieur.
Ayant bien mangé et bien bu
(pas trop car il faut redescendre
),
on rattelle les chiens. Pour des raisons de sécurité, les enfants
redescendent en raquette avec François BEIGER.
Les animateurs et les accompagnants en profitent pour se faire redescendre par
les attelages. Ça va lester les traîneaux car les chiens ont vraiment
un pêche d'enfer.
Les chiens en profitent après la montée de ce matin. Ils font
la course avec les skieurs. Bonne neige, soleil, belles pistes : le pied. Certains
attelages emportés par l'euphorie se font surprendre par le passage du
tournant à angle droit (plutôt 3/4 d'angle) mais on arrive tous
sans encombre à la station. On se regroupe à l'entrée et
on repart pour rejoindre l'esplanade devant l'Office de Tourisme où on
bivouaque cette nuit. Les chiens repartent comme des fous et c'est avec un attelage
excité par la descente qu'on découvre après la crête
l'aire d'arrivée des télésièges. Mayouk est un peu
perdu. Il y a plus de piste, des skieurs à droite, à gauche et
des filets de sécurité un peu partout. Droite, Gauche, Devant
et finalement on arrive sur l'esplanade. Le temps de mettre l'ancre à
neige et je me retourne pour voir arriver les six autres attelages sans encombre.
Au milieu des touristes de la station, on dételle les chiens, leur donnons
à boire et on monte le bivouac.
A 18 h, le départ de la nocturne. Le départ
se fait depuis l'esplanade pour finir en entonnoir au tunnel. Pour regrouper au
maximum les départs, on recrute tous les animateurs, les accompagnants,
mon frère et ma belle soeur, passés me voir, pour aider à
atteler.
Les chiens ont toujours la pêche et ça démarre sec. On traverse
la foule qui malgré nos grands gestes s'écartent pas trop des attelages.
Mayouk un peu perdu part à gauche puis à droite et finalement fonce
droit vers le tunnel. Christophe aura moins de chance. Ses chiens de tête
partent à gauche vers un bar, passe derrière la foule puis par un
magnifique "Droite Toute" rattrape le chemin du tunnel. Le temps de
ranger l'ancre, remonté le tapis, j'arrive à la sortie de la station.
Un Z et on rentre dans le tunnel : Le traîneau de rando est trop rigide
pour tourner aussi sec et je fais une bande avec le matelas orange qui protège
l'entrée du tunnel.
Les chiens sont surexcités par la nuit et les ombres qui bougent sur la
piste : Ce chemin sert aux personnes des hameaux du dessous de remonter à
pied à la station. Encore premier, j'ouvre la piste. Les promeneurs restent
au milieu de la piste avant de réaliser qu'un attelage fonce sur eux. Et
vla, trop occuper à regarder les chiens, celui-la a pas vu le trou et il
s'étale de tout son long. Debout sur les freins, j'arrête juste Mayouk
et Ken à son niveau. Les deux zèbres trop heureux de l'aubaine lui
débarbouillent le visage tandis qu'il essaye de se remettre debout sous
les rires de ses copains. Mais faut pas traîner, on est dans un tournant
et derrière ça trace.
On repart et vla une bonne pente droit dans un hameau."Non de Dieu",
au moment ou le traîneau bascule dans la pente, je découvre au milieu
un type (plutôt un ado) qui est en train de déchausser assis par
terre.
"Mayouk
Gauche", pas le temps de freiner, je penche le traîneau sur la gauche,
Ken et Mayouk emmènent l'attelage sur la gauche et l'ado se traîne
sur les fesses hors de la piste. "Blang". Il avait oublié ses
bâtons et je viens de les ramasser avec le frein.
Arrivé en bas de la pente, je suis à l'entrée d'un hameau.
Je regarde sur la carte . On doit tourner à gauche. Un des deux chemins
sur la gauche me rappelle de vague souvenir. On l'a pris il y a deux ans dans
l'autre sens et de jour. Je m'arrête au bout de 100 m pour voir si les autres
attelages suivent. Je vois Arnaud suivi François et Jean Christophe qui
s'engagent dans la pente et foncent vers le hameau. Je hurle, fais des grands
gestes avec la frontale. Finalement Arnaud me voit et me rejoins suivi des autres.
On repart. La pente est plus faible et il n'y a plus de promeneurs. Mes chiens
ne sont pas habitués à autant de chiens et autant de monde et cela
leur monte un peu au ciboulot. L'attelage oscille entre le grand trot et le petit
galop. C'est aussi leur récompense et j'ose pas les en priver. Je souffle
un peu après le stress du départ.
Les chiens lèvent la tête, repassent au grand galop. Là-bas,
des lumières rouges clignotent suivi de flashs. C'est l'école de
Saint François qui est massé de chaque côté de la piste.
Je vois dans les mains de certains enfants un goûter. "Mayouk Devant",
ces espèces de morfales seraient capables de faire un pause casse-croûte
non prévu au programme.
J'arrive l'épingle à cheveux qui est le dernier tournant avant l'arrivée
dans Saint François 1400. J'envoie bien les chiens à gauche de manière
à ne sauter l'espèce de muret avec le traîneau. Puis je m'arrête
200 m plus bas pour attendre les autres attelages. Je préfère demi-tour
ici plutôt que de descendre au village et me retrouver coincé. Il
faut faire-faire demi-tour à 7 attelages de huit chiens en moyenne.
Au bruit, certains attelages ont sauté le muret. Lorsque tous les attelages
sont arrivés on fait demi-tour mais devant ça coince. Ça
redémarre pas et pourtant, j'entends pas de bruit de bagarres de chien

Finalement, on repart, de premier, je finis dernier. Jean Christophe a du mal
à suivre les autres et lorsque je le rattrape, je m'aperçois qu'il
a un passager clandestin.
Avec François, Xavier et Laurent, on avait décidé de faire
la nocturne à vide car il y a deux ou trois passages pas évident
surtout de nuit. C'est l'assistante de François BEIGER qui n'a pas ménagé
sa peine pour nous aider mais qui a pas réussi à faire un tour et
comme demain, on rejoint Montaimont à vide, c'était la dernière
occasion.
Je laisse les autres remonter et reste avec Jean Christophe. Il arrête pas
de me dire d'y aller et qu'il va se débrouiller tout seul. Avec les chiens
qui se promènent en liberté !!!Je lui réponds que je peux
pas le laisser seul dans la nuit avec une si jolie fille (surtout que son copain
m'a filé un sacré coup de main au démarrage de la nocturne).
En arrivant au pont tandis que je chambre Jean Christophe, je sens un ralentissement
dans l'attelage. Je me retourne vers l'avant pour relancer Mayouk et Ken quand
je vois la scène. Les promeneurs de tout à l'heure redescendent
avec les sacs des course et Mayouk et Ken sont en train de faire l'inventaire
de ceux qui sont à porté. Une autre personne est en train de ramasser
des trucs parterre. Le chien d'un attelage qui nous précèdent à
négligemment donner un coup de dent dans le sac lorsqu'il est passé
à côté. On s'excuse et on se dépêche de repartir
avant une autre catastrophe.
Arrivé au bivouac, je vois Laurent qui tire une tête de six pieds
de long. J'ai la réponse au cafouillage lors du demi-tour. Dans la descente,
une de ses chiennes s'est emmêlée et s'est fait fauchée. Au
moment de faire demi-tour, Laurent a donné à Arnaud sa chienne et
Arnaud est reparti dare-dare à la station. Plus de peur que mal, la chienne
marche en boitant. C'est sûrement une élongation mais c'est fini
pour Laurent. Avec 4 chiens, il préfère arrêter. Le père
d'une des filles le descend récupérer sa remorque et sa voiture
à Montaimont.
Les chiens nourris et roulés en boule, on s'attaque à la soupe à
l'oignon. La neige commence à tomber : une neige lourde et humide qui colle
au vêtement. Manquerait plus que cela passe à la pluie mais finalement
elle s'arrête.
Un
musicien savoyard vient animer la soirée avec des chants de la région
accompagnés à l'accordéon. Au moment ou il sort une trompe
des Alpes (presque 4 m de long), les chiens l'accompagnent. Amusé, il va
jouer au milieu des chiens et une des chiennes de JeanMi Bab fait coeur avec lui.
Son voisin de stake, trouvant que cette trompe joue vraiment trop mal ou fait
un peu trop de gringue à sa voisine, lui trouve une autre utilité.
D'un jet précis et puissant, il la transforme en urinoir canin. Là,
le musicien est beaucoup moins amusé.
Demain, on doit se lever tôt pour sortir du domaine avant 9 h et donc on
rejoint rapidement nos tentes. Certains enfants dorment dans les tentes de mushers
Peine perdue comme l'année dernière, c'est le chemin des sorties
de boîte et c'est un défilé de gens plus ou moins éméchés
qui viennent voir les chiens, essayent de les faire aboyer sans succès,
confondent gamelle et ballon de foot, veulent voir dans les tentes qui sont ces
gens assez fous pour dormir dehors."Faut pas être humains pour dormir
sous une tente avec ce froid Hic
".
Fait même pas -10 °C
.
Dimanche
Réveillé par les chiens, je sors la tête de la tente. Laurent
me dit "Départ dans 45 minutes". Je bondis dehors et commence
à donner à boire aux chiens. JeanMi Bab a eu la bonne idée
d'aller chercher de l'eau chaude à l'Office et les chiens ont rapidement
à boire. Laurent a une tête de déterré : il a pas dormi
de la nuit. Avec les fêtards, la gamine qui avait froid, lui qui a eu froid
quand ils ont échangé leur duvet, Arnaud qui ronfle
.
On range la matériel dans les caisses qui redescendent à Montaimont
avec la voiture de l'Office puis on harnache les chiens. Et c'est le départ.
Je me retrouve encore en tête. Derrière ça suit rapidement.
Jean Christophe ouine "J'ai même pas eu le temps de prendre un café".
S'il y avait pas eu l'animateur, qui accompagne les jeunes, qui avait été
m'en chercher un pendant que j'installais le traîneau et les lignes sur
le point de départ, je serai parti à vide comme l'année dernière.
Bas, Jean Christophe saura pour l'année prochaine.
On
monte tranquillement tandis que le soleil sort de derrière les montagne.
Je voudrais être sorti du domaine avant l'ouverture des pistes et je propose
à JeanMi Bab de passer devant pour accélérer le train. "Non,
t'es très bien devant". De plus, il a le fils de Xavier dans le basket.
Ce qui m'intrigue, c'est que contrairement aux autres années, il a pas
emmené ses skis et je crains qu'il fasse toute la descente jusqu'à
Montaimont avec JeanMi Bab.
Finalement, on passe sans encombre les pistes qui nous avaient tant fait tressés
la première année mais il est vrai qu'on les avait traversé
alors que elles étaient ouvertes et les chiens trouvaient plus drôles
de plonger à la poursuite des skieurs que de monter cette route.
François s'arrête de temps en temps et lorsque on se regroupe pour
descendre le mur qui conduit à la sortie du domaine, Jean Christophe me
demande si on peut s'arrêter le temps que François enlève
les snows-ball des pattes de ses chiens. Au contraire, car dans le mur, pas question
de s'arrêter, si un chien trébuche, il a plus qu'à se coucher
sur le dos et à attendre l'arrivée en bas pour se remettre sur patte.
L'arrêt se prolonge. Mauvais, Mauvais. On s'est pas compris et François
est en train de graisser les pattes de ses chiens.
Je fais décoller la colonne car je vois les chiens s'exciter. Consigne
: personne s'engage dans le mur tant que l'attelage de devant n'est pas sorti.
Debout sur les freins, les pieds en canard pour laisser s'évacuer la neige,
je lance les chiens au grand galop pour tendre au maximum la ligne de trait. Si
jamais, un chien trébuche, il pourra prendre appui sur la ligne de queue
pour se redresser.
Arrivé en bas, je continue sur 200 m et me retourne pour voir comment cela
suit. Tout le monde descend le mur sans encombre et contrairement aux autres années
pas un n'arrive en vrac en bas.
Jean Christophe a le sourire aux lèvres et me dit "Vous êtes
malade, faut vraiment que vous alliez vous un psy". Un coup de portable à
François pour lui annoncer qu'on sort du domaine et on descend tranquillement
vers Montaimont. C'est une balade de rêve jusqu'aux premières épingles
à cheveux. JeanMi Bab loupe un changement de pied et va au tas couché
sur le gamin de Xavier qui se relève un peu surpris.
Deux
tournants plus loin, j'entends un "STOP". Je me retourne pour voir François
les quatre fers en l'air et le traîneau en vrac. J'ai juste le temps de
regarder devant pour voir Mayouk et Ken prendre le tournant à la corde
et le traîneau décolle sur le talus de la route et me voilà
au tas en hurlant "Stop". Pendant que je me relève, Arnault nous
rejoint en nous annonçant qu'on a loupé 1500 €. Avec la gamelle
qu'il s'est pris, on gagnait le gros lot à vidéo-gag.
C'est bon, les conneries, surtout que JeanMi Bab a un passager. A la première
trace de raquettistes qui coupe le tournant suivant, j'envoie Mayouk et Ken dans
la pente. JeanMi Bab me demande ce que je fous. "Je coupe les tournants".
Les traîneaux randos sont raides comme des bouts de bois et ils tournent
comme des paquebots. A la moindre erreur, dans des épingles à cheveux,
c'est le talus ou la rambarde qu'on se mange et on va au tas. Par contre, dans
la poudreuse, ils excellent lorsque on coupe les tournants en plongeant dans la
pente. En arrivant au dessus de Montaimont, on s'arrête tous. Je laisse
mon traîneau à JeanMi Bab et je vais voir le tournant suivant. Le
pied pour un musher : Un tournant en épingle à cheveux avec une
pente raide, un dévers contraire (qui t'envoie dans le fossé), un
ruisseau en bas pour le bain de siège si tu te loupes et la dameuse qui
a enlevée la neige sur une partie de la pente quand elle a mis les gaz
pour passer le coup de cul.
Musheur meeting exceptionnel : Le gamin de Xavier descend à pied en restant
sur le côté amont du tournant pour pas se faire faucher et on attend
que l'attelage précédent dise "C'est libre" pour s'engager
car on voit pas ses chiens de tête quand on s'engage dans le tournant et
encore moins la piste.
Je fais avancer les chiens tout droit jusqu'à ce que le traîneau
soit en face du tournant puis faisant faire un demi-tour gauche à Mayouk
pour engager l'attelage dans la descente. En rappel sur le patin amont et freinant
de l'autre pied, le traîneau s'engage dans la pente. Il part en crabe pour
aller se caler contre la bordure du chemin 10 mètres plus bas. J'arrête
l'attelage 100 m plus loin, sans mettre pris une boîte
.
Je me retourne pour dire à JeanMi Bab d'y aller.
Je ne le vois pas mais au bruit, il a moins de chance que moi. Ses chiens de tête
en voulant me suivre, ont coupé le tournant et le traîneau a sauté
le talus. A la réception sur la piste, le dévers a fait le reste.
Je hurle aux autres de pas bouger. Laissant mon attelage à JeanMi Bab et
au gamin de Xavier, je remonte pour faire avancer les chiens de tête des
autres attelages tout droit de manière à ce que le traîneau
soit dans l'axe du tournant puis les aider éventuellement à faire
un demi-tour gauche pour s'engager dans la pente. Lorsque c'est au tour de Jean
Christophe, je le vois ouvrir des grands yeux lorsqu'il découvre le tournant.
Tous les attelages ayant passer sans encombre ce tournant, je rejoins mon attelage
qui veut repartir. Quand je double, Jean Christophe, il me dit "Vous êtes
tous des tarés à enfermer". Pour sa première année
de mushing, il est servi.

Lorsque je rejoins mon attelage, je découvre que Plum de colère
a entamé les lignes de queue de Hugo et Taiga à force de tirer dessus.
La fin de la descente vers Montaimont est du gâteau. Je coupe un dernier
virage que je croyais dangereux et on arrive sur le parking. Laurent qui a installé
les stakes, nous dit qu'il entendait les chiens hurlés depuis un moment
mais qu'il voyait rien arrivé. Tu parles.
Tandis qu'on met les chiens dans le camion, et qu'on range matériel et
traîneau, les papys ont sortis les tables et l'apéro.
Je vais voir Jean Christophe pour savoir si on doit toujours aller voir un doc. Il me répond
en rigolant : "Vous êtes tous à enfermer, bande de tarés
et moi avec car j'ai eu peur mais j'ai aimé".
Une
dernière photo, une dernière calque dans le dos, un " A Villebéon"
tandis que les moteurs tournent et on repart chez nous.
Tandis que je roule sur la nationale entre Alberville et Chambery, je me dis que
c'est une super randonnée avec des petits coups d'adrénaline.
Jusqu'à maintenant, je l'avais fait comme simple musher. Mais lorsqu'on
est co-organisateur, c'est un peu stressant : Le Loup Randonneur était
co-organisateur de cette manifestation en charge des attelages et Laurent en tant
que Président et ma pomme en qualité de Vice Président, étions
responsable des attelages sur le parcours.
Comme d'habitude, les lascars m'ont étonnés malgré la pression
que je leur mettais, surtout Mayouk et Ken, mes deux chiens de tête qui
se sont relayés sur les trois jours et qui se sont comportés comme
des chefs chaque fois que la situation l'exigeait.
Voilà, on est tous des tarés à enfermer mais on s'est bien
éclatés pendant trois jours et la joie des enfants valaient la peine
de vivre cette "Aventure"
Compte rendu 2003
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