Trois ans pour enfin la faire connaître. Vous y étiez, alors vous avez pu apprécier comme nous. Vous y étiez pas, ben qu'est ce que vous attendez.
Après
deux éditions où le nombre d'attelage se comptait sur les doigts des deux mains,
le nombre d'inscrits dépassait la trentaine cette année.
La taille des attelages était de 10 à 2 chiens avec des mushers de tous les
horizons, professionnels, randonneurs ou sprinters, qui, devant le nombre de
courses annulées cette année, se sont rabattus sur la Trace du Galibier et ont
découvert une autre approche du traîneau.
Une randonnée est proposée le vendredi après midi à ceux qui sont déjà arrivés
(dont je ne suis pas).
Le samedi matin, les premiers départs ont lieu vers 11h. On quitte les Pontets
pour rejoindre par les pistes de ski de fond la route du Galibier. La piste
est sympa. Elle longe le ruisseau en traversant des bois et elle est légèrement
vallonnée. Les chiens ont rapidement pris leur rythme de croisière après l'excitation
du départ.
Les croisements avec des skieurs de fonds et la diversité de la piste les motivent.
A l'altiport, on débouche sur la route du Galibier avec le cirque autour de
soi. Connaissant la chanson, ils adoptent un rythme plus tranquille à la joie
des promeneurs à pied qui peuvent les prendre en photos et les caresser. Chacun
monte à son rythme, des attelages nous doublent et disparaissent rapidement
de notre vue derrière un tournant, d'autres plus lourdement chargés ou plus
petit montent tranquillement. Les équipes de télévision nous doublent régulièrement
en motoneige pour trouver le meilleur endroit pour filmer les attelages. Après
deux passages de la motoneige, Mayouk et Ken se rangent à droite dès qu'ils
entendent le moteur. Au plan Lachat, on quitte la route du Galibier pour attaquer
la route des Rochilles. Deux chamois nous regardent du haut des rochers. A midi,
on s'arrête à quelques-uns pour pique-niquer aux Montets. Puis on attaque la
montée aux Rochilles. Les chiens attaquent tranquillement les lacets.
On
se suit à 3 ou 4 attelages et on discute d'un lacet à l'autre. Mais avec l'altitude
les conversations s'éteignent. Puis derrière un tournant l'horizon s'ouvre sur
le cirque des Rochilles. Déjà des taches de couleur au lieu des rectangles noirs
des bâtiments du camp militaire indiquent que des mushers ont monté leurs tentes.
Petit à petit, chacun prépare son bivouac, nourrit ses chiens puis va faire
la tournée des tentes pour voir ou revoir les autres attelages. Les militaires
du 93ème RAM qui assurent la sécurité sur l'itinéraire et l'intendance du bivouac,
allument un grand feu où rapidement tout le monde vient se réchauffer car le
soleil a disparu et la température descend. Normalement, j'avais entendu parlé
d'un vin chaud mais on en n'a pas vu l'ombre d'une rondelle d'orange. On soupçonne
fort un certain musher d'avoir volontairement cassé son traîneau pour s'en occuper
personnellement. Après l'arrivée des attelages de professionnels qui étaient
restés en bas pour assurer les baptêmes durant l'après-midi, on passe à table.
Au menu : soupe aux légumes et aux Dios arrosées de vins de Savoie. Certains
restent autour du feu (et d'une bouteille de Génépi) à refaire le monde du traîneau,
d'autres vont rejoindre leur tente ou leur lit dans les bâtiments militaires.
Deux ou trois fois dans la nuit, un chien lance et tous les attelages lui répondent
en coeur. Pendant 10 minutes, un concert de hurlements résonne dans le circuit
puis un à un, ils s'arrêtent. Un chien essaye bien une ou deux fois de relancer
et tout devient calme. J'entends mes chiens tourner sur place puis se recoucher
pour dormir. Je remonte la cagoule du duvet et j'essaye de me rendormir. Au
milieu de la nuit, le vent se lève et la neige s'engouffre dans les aérations
des tentes. Le crépitement de la neige et les coups du vent contre la tente
me donnent aucune envie de sortir pour satisfaire un besoin naturel. Ca attendra
demain matin.
Deux
mushers qui avaient mal arrimé leur tente se retrouvent au milieu de la nuit
à tout rabattre avant que le vent n'arrache le double toit. Finalement, ils
finissent la nuit dans un des baraquements. Le lendemain matin, un grand soleil
pourrait faire croire que la nuit a été calme. Une fine couche de neige recouvre
les traîneaux. Par contre, face au vent, des congères se sont plaqués contre
le traîneau. Après le petit déjeuner préparé par les militaires, les attelages
partent un par un vers le col. Au sommet, Pascal fait descendre un par un vers
les lacs. Une chouette descente que j'ai fait l'année dernière les quatre fers
en l'air au grand plaisir des photographes présents. Cette année, ma dignité
est sauve. Thierry nous fait faire le tour des lacs. Pour finir, Thierry et
Roland sautent un petit muret pour les besoins de l'équipe de télévision. L'occasion
est trop belle et j'emboîte le pas (houps! le patin) derrière Roland. D'un seul
coup, Ken et Mayouk disparaissent dans le trou et ressortent deux mètres plus
bas. "Allez les gamins, ce n'est pas le moment de s'arrêter". Du coup, ils accélèrent
et le traîneau décolle pour atterrir un à 2 mètres plus bas dans un grand pouf
de neige. Juste le temps de reprendre son équilibre et ils sont déjà repartis
rejoindre les autres. Par contre, la chouette descente est beaucoup moins drôle
à remonter. Les chiens l'attaquent tranquillement et je suis derrière les patins
au niveau de la taille.
Redescendu
au camp des Rochilles, On remballe le matériel et en attaque la descente. La
négociation des épingles à cheveux de la route des Rochilles est plus ardue
avec un attelage de 8 chiens et un gros traîneau bien rigide qu'avec un attelage
de 4 chiens et un traîneau de sprint maniable. Je loupe la trace de Bruno qui
dès la deuxième épingle à plonger dans un ruisseau pour les couper. Mais au
tournant suivant, je suis une trace de raquettiste qui me permet de couper quatre
épingles dont la plus pointue. Arrivés aux Montets, on s'arrête pour pique-niquer.
La chenillette du 93ème RAM a apporté le casse croûte. A 14 h, tout le monde
en piste, les touristes attendent notre retour en bas. Après avoir négocié le
premier tournant, Sandrine, ma femme, monte à califourchon sur le traîneau et
on attaque la descente jusqu'en bas. Rapidement, Indy, ma vieille chienne la
rejoint dans ses bras, car le rythme est trop rapide pour elle. C'est au trot
allongé qu'on se suit à quatre ou cinq attelages. Les marcheurs qu'on croise,
sourient de voir cet attelage avec une femme à qualiforchon sur le traîneau,
une chienne dans les bras. On descend tranquillement par les pistes de fond.
L'arrivée se fait sous les applaudissements des touristes.
Les rassemblements sur terre
Les rassemblements sur neige
Récits et comptes rendus de rassemblements !!!